Une meilleure information sanitaire pour une meilleure santé

Introduction

La pandémie de COVID-19 a mis une pression considérable sur les systèmes de santé en Afrique. Elle a rappelé une fois de plus l'importance cruciale de disposer en temps utile de données et d'informations fiables pour prendre des décisions lorsque le temps est compté. 

Les données et les informations qui aident à évaluer l'impact de la maladie - en sachant, par exemple, le nombre de personnes infectées dans une zone spécifique - influenceront la capacité des décisionnaires à décider quand il convient d'imposer un confinement ou un couvre-feu, qui vacciner en premier, et comment mieux continuer à garantir les services de santé de routine.

Des données et des informations sanitaires fiables sont également propices à une plus grande confiance du public : la crise du COVID-19 a montré à quel point elles sont cruciales pour lutter contre les fake news et la désinformation, ainsi que pour garantir l'adhésion aux recommandations en matière de santé.

En effet, il n'y a jamais eu autant d'informations disponibles sur le continent africain.

La plupart des pays de la Région disposent déjà, ou sont en train de mettre en place, des systèmes de recueil et d'analyse des données sanitaires qui servent à : (1) évaluer l'incidence, la distribution et le contrôle des maladies ; (2) examiner les programmes de santé ; ou (3) planifier les besoins futurs et fixer les priorités du système de santé.

 

La qualité des informations sanitaires a un impact concret sur la vie des gens.

Le problème réside souvent dans la qualité des données sanitaires, des analyses, des preuves produites ainsi que de leur accessibilité. L'actualité, l'exactitude, l'exhaustivité, la fiabilité, la validité, la précision, l'intégrité, la cohérence et la pertinence sont autant d'éléments qui déterminent la qualité des données.

Des données sanitaires de mauvaise qualité ou incomplètes ont un impact négatif sur la capacité à comprendre un problème et à prendre les mesures appropriées. Elles conduisent les décideurs politiques à prendre des décisions incorrectes ou inadaptées lors de l'allocation des ressources ou de la hiérarchisation des interventions. Ces décisions finissent par nuire aux personnes les plus vulnérables.

Dans de nombreux pays, la fragmentation des systèmes d'information sanitaire constitue un autre obstacle majeur à l'accès aux données sanitaires probantes. Les données sont saisies sous différents formats, stockées à différents endroits et gérées par différentes autorités. Cela augmente le temps et les coûts de recherche des données.

En l'absence de données de qualité, les décisions sont souvent fondées sur des estimations approximatives qui entraînent des pertes, une augmentation des coûts et une détérioration des services.

Les ministères de la santé peuvent avoir des capacités inégales en termes de ressources technologiques, financières et humaines pour collecter, traiter et diffuser les données requises. La précision de la compilation et du traitement des données est grandement affectée par les compétences du personnel de santé. Les compétences en matière d'analyse et de synthèse des données sanitaires et de production de preuves sont également limitées dans de nombreux pays de la Région africaine.

 

Au-delà des données et des statistiques

Mais combler les lacunes en matière de données ne conduira à de meilleures politiques que si les données collectées sont ensuite rassemblées et rendues exploitables de manière à pouvoir informer les décideurs, en mettant l'accent sur les preuves et les connaissances.

Les preuves des meilleures pratiques, les recommandations et les enseignements tirés peuvent alors être partagés d'un pays à l'autre, et les experts de la Région peuvent apprendre les uns des autres et trouver des solutions communes pour améliorer la santé et le bien-être des populations.

 

Que fait l'OMS pour améliorer l'information sanitaire?

L'OMS apporte un soutien continu pour relever ces défis et contribuer à la disponibilité et au partage de données et d'informations de qualité dans la Région et ailleurs.

Parmi les initiatives axées sur l'amélioration de la qualité des données et des informations sanitaires, l'OMS a travaillé sur le module technique intitulé Score for Health Data, qui a été conçu pour identifier les forces et les faiblesses des systèmes de données et d'informations sanitaires d'un pays et orienter les ressources limitées vers les domaines ayant le plus d'impact.

Au Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique, l'unité Recherche, Design et Innovation a travaillé sur un cadre qui aidera les ministères de la santé à renforcer leur utilisation des données, des preuves et de la recherche pour l'élaboration des politiques de santé.

L'Observatoire africain intégré de la santé (iAHO) offre un aperçu en temps réel du secteur de la santé dans la région africaine.

Le Bureau régional a également remanié et amélioré l'Observatoire africain intégré de la santé (iAHO), qui héberge l'Observatoire régional de la santé (AHO) ainsi que les Observatoires Nationaux de la Santé (ONS) des 47 États membres de la Région africaine de l'OMS. Ce portail d'intelligence sanitaire en ligne vise à fournir une vue d'ensemble en temps réel de ce qui se passe dans le secteur de la santé et de l'évolution de la santé des populations de la Région.

Cette ressource en libre accès abrite de nombreuses autres plateformes régionales et nationales interconnectées, axées sur la collecte d'informations sanitaires sous forme de données, d'analyses et de connaissances.

Des formations et une assistance technique continueront d'être dispensées pour renforcer les compétences nécessaires à la compilation de données de qualité et à la compréhension des tendances et des distributions observées.

En plus d'offrir un accès plus facile à des données et des statistiques de haute qualité, la plateforme de l'iAHO vise à accroître la visibilité des principaux produits d'analyse et de connaissance utiles à la prise de décisions fondées sur des données probantes, en offrant aux acteurs de la santé une scène pour s'engager et échanger.

Structurée autour de trois piliers de l'information sanitaire : données et statistiques, analyses, connaissances et preuves, et s'appuyant directement sur les informations sanitaires des États membres régionaux de l'OMS, la plateforme iAHO contribue à l'effort global de renforcement des systèmes de santé et, en fin de compte, à l'amélioration de la conception, de la fourniture et du suivi des services de santé aux individus, aux foyers et aux communautés dans la Région africaine.

 

Summary - One Sentence
La pandémie de COVID-19 a démontré une fois de plus l'importance cruciale de disposer en temps utile de données et d'informations fiables afin de prendre des décisions lorsque le temps presse.
Location
WHO AFRICA REGION
Language
French