Sondage sur la continuité des services de santé essentiels dans le context de la pandémie de la COVID-19

"De nombreux progrès ont été réalisés en Afrique au cours des deux dernières décennies, notamment dans la prise en charge des maladies transmissibles et non transmissibles et des cas critiques, mais ils ont été rapidement perdus en un peu plus d'un an en raison de la réaffectation massive des soins et des ressources aux efforts déployés dans le cadre de COVID-19 ", a déclaré le Dr Christian Owoo, coordinateur de la prise en charge des cas COVID-19 au Ghana et responsable national des patients gravement malades et en état critique, lors d'un récent point de presse du bureau régional de l'Organisation mondiale de la santé pour l'Afrique.

Cet événement médiatique avait pour but de présenter les conclusions du deuxième cycle du sondage sur la continuité des services de santé essentiels dans le context de la pandémie du COVID-19 menée par l'OMS afin évaluer l'ampleur des perturbations causées par la pandémie de COVID-19 sur les services de santé essentiels, les causes de ces perturbations et la manière dont les pays adaptent leurs stratégies et leurs approches pour maintenir la prestation des services.

Le rapport a révélé l'impact généralisé de la pandémie dans de nombreux secteurs un an après son déclenchement : sur les 40 pays de la région africaine ayant participé à l'enquête, 95 % signalaient encore une ou plusieurs perturbations des services de santé essentiels.

Les services les plus durement touchés sont les soins primaires, les soins de réadaptation, les soins palliatifs et les soins de longue durée, avec des conséquences pour certaines des populations les plus vulnérables. Des perturbations ont été signalées dans tous les domaines de services, mais le plus souvent pour les services mentaux, neurologiques et les troubles liés à la consommation de substances (53 %), suivis de près par les services de vaccination (48 %) et les maladies non transmissibles (43 %).

Un pays sur trois de la région africaine a indiqué que les interventions d'urgence, critiques et chirurgicales permettant de sauver des vies avaient été affectées, ce qui met en évidence les conséquences indirectes les plus immédiates.

Pour la plupart des pays, les perturbations ont été principalement causées par des pénuries d'agents de santé, le personnel ayant été redéployé pour fournir des soins dans le cadre de la COVID-19 (76 %). Et ce, en dépit d'une augmentation des recrutements.

La pénurie de médicaments essentiels et l'annulation de soins non urgents ont également affecté les services. 

La méfiance, la stigmatisation et la peur au sein de la communauté ont été citées comme des facteurs limitant l'accès aux traitements (64%). De nombreux patients atteints de maladies non transmissibles sont restés chez eux de peur de contracter la maladie en se rendant dans les établissements de santé. Les médias sociaux ont contribué à répandre la peur. Les difficultés financières liées à la pandémie font également partie des facteurs qui ont entraîné un moindre recours aux établissements de santé et une baisse de la demande de services.

Lors de l'événement médiatique, Kaushik Ramaia, Secrétaire Général de l'Association Tanzanienne du Diabète et de l'Alliance Contre les Maladies Non Transmissibles, a rappelé comment la prise en charge de patients souffrant de comorbidités lors de la première vague de COVID-19 a posé un grand nombre de défis et "déclenché la nécessité d'une réaction rapide pour contenir la situation". 

Des mesures ont été prises pour fournir aux travailleurs de la santé, au personnel paramédical et au personnel non médical une formation aux soins de santé aigus afin de garantir des connaissances, des compétences de diagnostic et un protocole de soins suffisants pour gérer des cas tels que le diabète aigu ou le cancer non contrôlé.  

La formation à la prévention des infections a également constitué un élément essentiel de la formation, en mettant l'accent sur la sensibilisation de la communauté afin de s'assurer que les personnes ne soient pas stigmatisées mais amenées à l'établissement et prises en charge. 

La chaîne d'approvisionnement des soins primaires devait être assurée afin que les patients ne se rendent pas dans un autre établissement, ce qui augmenterait les risques de propagation du virus. Parmi les mesures adoptées figurait également "le renforcement du système de santé pour mettre en place un service de soins mobiles pour les communautés éloignées de l'établissement afin d'assurer un continuum de soins", a-t-il précisé.

En effet, la plupart des pays ont mis en place les politiques et stratégies recommandées pour le maintien des services de santé essentiels, ce qui a permis d'améliorer l'accès aux services clés par rapport à 2020. Les orientations publiées par l'OMS pour aider les pays à équilibrer la réponse au COVID-19 tout en assurant la continuité et en atténuant les perturbations des services, ont été détaillées dans le cadre du pilier 9 du Plan stratégique de préparation et de réponse (SPRP).

Suivant les recommandations de l'OMS, trois pays sur quatre ont élaboré des politiques nationales pour définir les services de santé essentiels à maintenir pendant la pandémie de COVID-19 et ont désigné des points focaux nationaux responsables de la continuité des services de santé essentiels. Plus de la moitié des pays rapporteurs de la région africaine ont alloué des fonds supplémentaires pour soutenir le maintien des services de santé essentiels. Le recours à la communication communautaire a augmenté, de même que la disponibilité des EPI, des tests et d'autres produits de santé.

Cependant, malgré l'amélioration de la prestation de services, avec 41% des services perturbés entre janvier et mars 2021 contre 64% au dernier trimestre de 2020, et moins de pays signalant des perturbations dans tous les domaines de services de suivi, le rapport montre la persistance de niveaux élevés de perturbation des services de santé. 

La pandémie de COVID-19 semble avoir un impact à long terme sur les services de santé, même après que de nombreux pays aient assoupli les restrictions. Elle frappe le plus durement les communautés déjà vulnérables et marginalisées, notamment celles qui présentent des niveaux élevés de maladies et qui ont moins accès aux services de santé essentiels. 

Donner la priorité à la santé et à la sécurité des travailleurs de la santé et rétablir la confiance de la population dans les services médicaux sont les moyens les plus efficaces de lutter contre la pandémie. Le renforcement des systèmes de santé est une étape essentielle, à la fois pour gérer une hausse inattendue de la demande et pour maintenir la continuité des soins essentiels pour tous tout au long d'une crise qui risque de durer dans une région où les systèmes de santé restent fragiles et où la prestation globale des services présente des lacunes.

"Nous devons continuer à renforcer notre collaboration existante entre les pays africains, entre les pays africains et l'OMS, et entre notre secteur de la santé et les autres secteurs de nos pays, dans le but de maximiser nos ressources - humaines, matérielles, financières - tout en espérant minimiser l'impact d'une éventuelle troisième vague", a déclaré le Dr Owoo dans ses remarques finales.

Summary - One Sentence
Un an après le début de la pandémie, les 40 pays de la région africaine participant à l'enquête signalaient encore une ou plusieurs perturbations des principaux services de santé.
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Access to essential services
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French