Davantage d'investissements requis pour mettre fin à la tuberculose d'ici 2030

 

  1. La tuberculose, une des maladies infectieuses les plus meurtrières au monde

Treizième cause de décès dans le monde, la tuberculose est une infection bactérienne généralement causée par la bactérie "Mycobacterium tuberculosis" qui affecte principalement les poumons. La maladie se transmet par voie aérienne lorsqu'une personne malade tousse, crache ou éternue des bacilles tuberculeux dans l'air qu'une autre personne inhale. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu'un quart de la population mondiale est atteint d'une infection tuberculeuse latente et que seuls 5 à 10 % sont susceptibles de développer la maladie. Dans la région africaine, 5 facteurs de risque sont attribuables aux infections, à savoir la malnutrition (41%), le VIH (36%), l'abus d'alcool (12%), le tabac (6%) et le diabète (5%).

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Selon la fiche d’information sur la tuberculose de l’Observatoire intégré africain de la Santé (iAHO), entre 2000 et 2019, 52 millions de personnes ont été infectées par la bactérie de la tuberculose et environ 7.5 millions sont mortes de cette maladie dans la région africaine de l’OMS (OMS/AFRO). À ce titre, 17 pays de la région africaine figurent dans la liste des 30 pays du monde à forte charge de tuberculose.

  1. Le défi ambitieux d’éradiquer la tuberculose d’ici 2030

Reconnue depuis 1993 comme une maladie d’urgence de santé publique de portée internationale par l’OMS, la tuberculose constitue non seulement un problème de santé publique mais a également des implications sociales et économiques. Pour ces raisons, elle fait partie des maladies que les États Membres de l’Organisation des Nations Unies (ONU) entendent éradiquer d’ici 2030 (Objectif de Développement Durable 3.3). À cette fin, la stratégie ambitieuse de l’OMS  pour l’éradication de l’épidémie d’ici 2030 prévoit de réduire l’incidence de la tuberculose de 80%, réduire de 90% les décès imputables à la tuberculose et enfin de garantir qu’aucun ménage touché par la tuberculose ne subisse des coûts catastrophiques liés à la maladie.

Cependant, comme souligné par la Directrice de la région africaine de l’OMS, Dre Matshidiso Moeti, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose 2022, atteindre cet objectif dans la région africaine semble peu probable à ce jour. En effet :

« pour atteindre cette cible, l’incidence de la tuberculose aurait en effet dû enregistrer une baisse annuelle comprise entre 4 % et 5 % en 2020, puis continuer de régresser jusqu’à 10 % par an d’ici à 2025 et embrayer sur une baisse moyenne de 17 % par an au cours de la décennie suivante. En 2021, le nombre de décès associés à la tuberculose dans le monde a augmenté pour la première fois en plus d’une décennie. Les facteurs ayant contribué à cette hausse sont, entre autres, l’accès restreint aux moyens de diagnostic et au traitement de la tuberculose depuis l’avènement de la pandémie de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) »

La pandémie du COVID-19 a largement impacté la lutte contre la tuberculose dans la région. Une note d’orientation politique élaborée par l’OMS/AFRO sur les « effets du COVID-19 sur les prestations de services de soins de santé pour la tuberculose » démontre que du fait des mesures de confinement, il y a eu un déclin de patients se rendant dans les services de santé par peur de  contracter le virus du COVID-19, ainsi qu’une diminution dans les tests de dépistage. De plus, plusieurs centres de traitement de la tuberculose ont été transformés en centres d'isolement et de gestion du COVID-19. Les machines GeneXpert normalement utilisées pour les tests de tuberculoses sont aussi utilisées pour les tests COVID-19, ce qui entraine par conséquence un retard dans les tests de la tuberculose.  En outre, une réduction du financement de la recherche, du diagnostic et du traitement de la tuberculose a aussi été opérée afin de soutenir les programmes de lutte contre la pandémie de COVID-19.

Il est aussi important de rappeler que plusieurs ménages souffrent encore de façon importante des coûts liés au traitement de la tuberculose. En 2020, conformément à la stratégie d’éradication de la tuberculose, la région était censée avoir réduit à 0% le nombre de ménage faisant face à des couts catastrophiques liées à la maladie. La fiche d’information sur la tuberculose démontre cependant qu’en 2020 seulement 8 pays avaient atteint cet objectif. Dans certains pays de la région, le pourcentage de coûts catastrophiques vacille entre 11 à 80%, le Zimbabwe étant le pays avec le pourcentage le plus élevé de la région.

  1. « Investir pour mettre fin à la tuberculose. Sauver des vies »

Pour cette Journée mondiale de lutte contre la tuberculose de 2022, le thème retenu est « Investir pour mettre fin à la tuberculose. Sauver des vies ». Effectivement cette année, l’accent est mis sur la nécessité d’investir davantage dans la recherche et les investissements financiers pour atteindre l’objectif d’éradiquer la maladie d’ici 2030.

Comme rappelé par Dre Moeti, « alors que 36 % des décès par tuberculose surviennent en Afrique, le fait de ne pas investir dans la lutte contre cette maladie devrait être lourd de conséquences pour les pays africains. L’augmentation des investissements peut changer la donne et atténuer la souffrance et la mort évitables de millions de nos congénères. »

En ce sens, le Fond mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, un des principaux bailleurs de fonds internationaux des programmes de lutte contre la maladie, a lancé une campagne de reconstitution de ses ressources, « en vue de recueillir au moins 18 milliards de dollars US pour lutter contre la tuberculose, le VIH et le paludisme, et pour bâtir des systèmes pour la santé plus robustes et renforcer la préparation aux pandémies. » De plus, le Fond s’est engagée à financer à hauteur de 2 milliards de dollars US les programmes de lutte contre la tuberculose.

Au-delà des investissements financiers, la recherche joue aussi un rôle important et primordial dans la lutte contre la maladie. Comme rappelé par Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS, il faudrait aussi « investir de toute urgence afin de concevoir les services et les outils les plus innovants pour prévenir, détecter et traiter la tuberculose et en élargir l’accès, car ils peuvent sauver des millions de vies chaque année, réduire les inégalités et éviter des pertes économiques colossales ».

Pour en savoir plus sur la tuberculose :

  1. Rapport mondial de l'OMS sur la tuberculose
  2. Stratégie de l’OMS pour mettre fin à la tuberculose
  3. Fiche d’information sur la tuberculose dans la région africaine
  4. Lignes directrices actualisées relatives à la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant et l’adolescent
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A l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, l’accent est mis sur la nécessité d’investir davantage dans la recherche et les investissements financiers pour atteindre l’objectif d’éradiquer la maladie d’ici 2030.
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French
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